Je suis le genre de personne qui pleure de jour, mais qui ouvre toujours un onglet de secours avec une vidéo triste au cas où quelqu’un arriverait et se poserait trop de question.

Les questions, c’est moche. 

Ça fait longtemps que vos faces m’écœurent, que j’ai envie de vous cracher dans le sourire pis de défoncer vos rires à coup de deux-par-quatre. « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », reverse ta pharse mate, t’as pas compris la base même de la solitude. Un beau gros rien d’écrit dans le front pis des montagnes à place des jambes, parce qu’avancer, c’est pas pour nous ça. On recule pas par exemple, oh non, revisiter le passé c’est pour les cérébrales, les tenaces du cerveau. On reste là, stagner, pis on regarde les autres passer, s’amuser, faire quelque chose de leurs deux mains, de leurs deux pattes, se rassembler entre insouciant pendant que nous, on regarde. Pis on regarde encore. Pis on va juste faire ça, regarder, parce qu’on sait rien faire d’autre. Parce que faire un seul pas t’arrache un cri de sourd pis que soumettre une phrase au grand conseil des oreilles fermés te mouille les yeux de détresse. Mais on est pas jaloux par exemple, n’allez pas croire le contraire. Nous n’avons rien à envier à ces imbéciles aux rictus de société tout croche; aux virées entre chum pour se faire croire qu’on occupe bien notre vie; aux face-de-décolletés qui semblent pas pire à baiser mais encore mieux à s’crisser; aux détenteurs de fun marginal qui se perdent dans leurs propres comédies. Non. On est humble, on est vrai, et pour être honnête, on est rien. Une masse de plus, au mieux. Pis les deux pieds dans le vide on pleure, parce que nos montagnes sont lourdes à porter, penche en avant, penche en arrière. Se décâlicer la vie face première, pleurer en regardant un écran vide, dormir à moitié parce que t’ose pas arrêter de penser. Et on pense encore, sans un break, parce que c’est ce qui nous raccroche au monde réel. Le jour où t’arrêtera de penser, où tu fixera le mur blanc de ta chambre et où plus aucune image ne parviendra à ta tête, on en reparlera des « Je vais bien ». T’articuleras même plus ton nom sans brailler, tu voudras rester au lit comme si c’était le motif par excellence pour ta mort vanille, pis là, là, tu vas avoir mal. Ce jour-là, appel moi pas, j’ai déjà mon propre point à fixer. 

I’m OK, she said. 

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